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Projet/Vidéo – 12x5x1 

C’est avec enthousiasme que je vous présente, sous forme de vidéo, le résultat d’une série interview que j’ai effectuée lors de mon voyage de recherche en Europe du Nord avec certains des plus brillants praticiens en architecture que je connaisse. Ces architectes, provenant d’agence aussi réputée que 3XN, OMA, Henning Larsen, Schmidt Hammer Lassen et Reiulf Ramstad Arkitekter, sont pour la plupart les membres fondateurs ou associés principaux de celles-ci.

Parmi les nombreuses questions et sujets auxquels j’ai eu la chance de m’entretenir avec ces architectes, cet ouvrage compile leur réponse au sujet d’une seule et unique question :

Au cours de votre pratique, vous avez eux l’opportunité de construire un nombre impressionnant d’édifice en bord d’eau. Quelles étaient selon vous les plus grandes opportunités offertes par une telle implantation ?

 

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Anvers/ Museum Aan de Stroom (MAS) – Neutelings Riedijk

Nom / Museum Aan de Stroom (MAS)
Client / Museum for city History Antwerp

Architecte / Neutelings Riedijk Architects

Localisation / Anvers – Belgique

Fonctions / Espace d’exposition 5 700 m2, restaurant, café, Salle événementielle, Place publique et 3 pavillons extérieurs

Matériaux / Structure de béton et d’acier, revêtement en grès rouge indien coupé à la main, mains ornementales en acier, verre ondulé

Coût / 56 M€

Commission / 1er prix lors du concours en 2000

Construction / 2010

Implanté en plein cœur des bassins portuaires historiques, le nouveau Musée d’Anvers joue pleinement son rôle d’attracteur urbain. En effet, sa verticalité en fait un excellent repère urbain. Le projet devient ainsi le phare de ce nouveau développement urbain orienté vers une réappropriation de la zone portuaire. Ce projet de Neuleings Reidijk figure parmi mes coups de cœur de ce voyage d’études. Véritable architecture urbaine, le musée offre aux visiteurs ainsi qu’à la population d’Anvers une ascension hélicoïdale offrant ainsi une vue globale de la ville, et ce, à différentes hauteurs. Au rez-de-chaussé, on retrouve une petite place publique cadrée par le café du musée et par un petit volume horizontal perméable adjacent à celui-ci contenant différentes institutions

d’Anvers ainsi qu’un espace de jeux pour enfant.

Cette œuvre de l’architecte néerlandais démontre une fois de plus son prodigieux talent de plasticien. Le volume et la masse sont parfaitement équilibrés et donnent à l’ensemble puissance et clarté architecturale. Le soir venu, l’aspect monolithique cède sa place à une succession verticale de boîtes en lévitation.

À l’intérieur, L’ingénieux jeu d’escaliers roulants rend le parcours fluide, agréable et reposant. L’architecte n’a d’ailleurs aucune retenue à utiliser ce type de dispositif architectural pour construire ces parcours tel qu’en témoigne ce second projet (voir Art. Rotterdam / Scheepvaart en transport College – Neutelings Riedijk ).

Grâce à ce parcours, le paysage urbain se découvre par l’ondulation du verre telle une réflexion paysagère sur un plan d’eau animé. Le dernier étage quant à lui expose la pièce maîtresse du musée de l’Histoire d’Anvers : la ville. En effet, on y retrouve une splendide terrasse panoramique ouverte à tous du matin jusqu’à tard en soirée, et ce, sans le moindre billet d’entrée.

La scénographie sombre de certaines expositions offre aux artefacts présents toute l’attention qu’ils méritent. Le mur de ces espaces d’exposition se présente sous la forme de béton brut coffré de manière à imiter un déclin de bois vertical parfois adjacent à un réel déclin de bois dur. Sous un éclairage tamisé, l’effet et la transition sont subtils et bien orchestrés. Tous ces espaces d’exposition ont été conçus comme des boîtes noires au cœur du bâtiment. Aucune lumière naturelle n’y pénètre. L’éclairage est alors complètement contrôlé et utilisé pour souligner les œuvres. Cette situation étonnante est le résultant du parti architectural audacieux des architectes mettant de l’avant un parcours libre jusqu’au toit ainsi qu’une volumétrie puissante et abstraite. Après une courte immersion dans l’un de ces espaces d’exposition, le retour au parcours hélicoïdal donne l’impression de sortir à l’extérieur tellement la lumière y abonde et l’ouverture visuelle vers l’extérieur est importante.

Dans ce brillant projet de l’agence néerlandaise, le nombre de matériaux utilisés a été réduit au maximum : plaque de grès, acier peint et verre pour les espaces publics et béton et bois pour les espaces d’exposition. Ce choix restreint établit une claire division entre les deux types d’espaces. Par ailleurs, la présence de matériaux durables et lourds empreignent au parcours intérieur une solide impression d’urbanité. Ce parcours déambulatoire, sans frais, donne l’impression de se retrouver réellement dans un espace public. Ce superbe projet redéfinit l’identité du parcours muséal et joue habilement avec la notion d’espaces intérieurs/extérieurs et privés/publics tout en s’affirmant haut et fort comme œuvre urbaine.

Finalement, les mains ornementales qui recouvrent l’enveloppe du Musée donnent l’impression, vues de loin, d’une façade capitonnée. Une main représentant chaque donation citoyenne au musée semble supporter chacune des pièces de pierres recouvrant l’institution. Sous un soleil rasant, l’ombre portée par ces ornements anime cette superbe enveloppe monolithique de grès. La présence de ces mains s’avère extrêmement symbolique. La légende d’Anvers raconte :

Selon cette légende, le passage de l’Escaut était au début de notre ère sous le joug d’un géant, Druoon Antigoon, qui collectait un droit de passage très lourd sur les bateaux qui passaient et coupait la main de ceux qui refusaient de payer. Cet horrible usage prit fin lorsqu’un soldat romain, Silvius Brabo, dans un acte de témérité, tua le géant, lui coupa la main et la jeta dans l’Escaut. D’où le nom (Hand = main, werpen = jeter). – Jean-Pierre Rousseau

Aujourd’hui, ces mains représentent une dîme contemporaine extirpée des poches de généreux citoyens d’Anvers

Rotterdam / Scheepvaart en transport College –  Neutelings Riedijk 

Nom / Scheepvaart enTransport College

Client / Stichting Scheepvaart enTransport College

Architecte / Neutelings Riedijk

Localisation / Amsterdam – Pays-Bas

Fonctions / 30 000 m2

Matériaux / Structure d’acier et béton, revêtement d’aluminium, verre

Coût / 40M€

Commission / 2001

Construction / 2006

Cette tour de soixante-dix mètres de hauteur a un programme fonctionnel mixte comprenant entre autres, des bureaux et des locaux d’apprentissage. Un parcours vertical, offert par une impressionnante succession d’escalier roulant, lie les différents départements du lobby au rez-de-chaussée jusqu’à l’auditorium complètement en haut du complexe éducationnel. La partie peu élevée du bâtiment contient les équipements spéciaux comme des salles de simulation, des restaurants, un centre multimédia, un centre sportif et des ateliers. La salle de conférence en porte-à-faux surplombe le port de Rotterdam, tandis qu’au rez-de-chaussée,  le restaurant universitaire s’ouvre sur la rivière Maas. Le volume  fluide et sinueux offre une icône verticale pour ce centre international de la connaissance maritime. Cette forme induit naturellement une forte directionnalitée au bâtiment. Alors qu’au rez-de-chaussée, ce phénomène souligne le rapport de proximité avec l’eau grâce à une immense ouverture vitrée perpendiculaire à l’axe maritime, au dernier étage, l’ouverture parallèle au Maas, souligne la linéarité de la rivière. Ces deux aboutissements, immenses orifices fenestrés, contiennent les deux amphithéâtres du complexe éducationnel. Ainsi, ces deux lieux d’enseignement s’ouvrent sur l’intense activité portuaire de Rotterdam, la matière même de cet établissement spécialisé. Ainsi, les étudiants ont à même leurs locaux d’enseignement une vue magnifique sur leur futur lieu de travail

À l’extérieur, l’aspect monolithique est extrêmement puissant et séduisant. On reconnaît tout de suite la grande qualité de sculpteurs des architectes qui se disent davantage intéressé par les volumes et les masses que par des considérations plutôt hygiénisme que partageait les modernistes. Cet intérêt pour les formes défini et équilibré se retrouve dans l’ensemble de leur œuvre.

Par ailleurs, la verticalité du projet propose une typologie relativement rare pour de telles institutions d’enseignement. Cependant, dans un tel contexte portuaire, elle affirme avec conviction sa présence et constitue un très beau landmark pour le quartier récemment revitalisé.

À l’intérieur, les références maritimes abondent et frôlent à certains moments le kitsch malgré une exécution relativement contemporaine des certains détails et matériaux. Néanmoins, le cœur orange vif où se déploie l’impressionnante batterie d’escalier roulant est tout à fait incroyable. Ce nœud de circulation verticale est un réel boulevard de piétons et permet l’échange fortuit de sourire entre camarades ! De plus, le plan est clair et sobre. On s’y retrouve facilement.

 

Finalement, on ne peut que constater une fois de plus la référence au conteneur portuaire dans la conception de la façade. La peau d’aluminium carrelé suggère un caractère industriel à cette institution publique par l’utilisation massive de panneaux d’aluminium corrugués. Ce rapport entre un esthétisme industriel et un programme institutionnel est fort bien réussi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plans + Sections : http://afasiaarq.blogspot.com

 

 

Rotterdam / Wijn of water – Carolien Bijvoet

Nom / Wijn of water

Client / Bea Oomens

Architecte / Carolien Bijvoet

Localisation / Rotterdam – Pays-BAs

Fonctions / Bar à vin et restaurant

Matériaux / Conteneur, acier, bois et verre

Construction / 2007

Rotterdam, étant le plus important port d’Europe, plus de 10 millions de conteneurs transigent sur ces berges, Créé à partir d’un brillant agencement de cette abondante matière, ce petit projet situé à quelques pas seulement du Scheepvaart enTransport College est remarquable. Premièrement, son emplacement au beau milieu d’une friche industrielle lui donne un caractère informel qui est d’autant plus rehaussé par l’utilisation du conteneur comme matériaux de base. Posé à même un sol sablonneux, sans fondation, et au beau milieu d’un tier-paysage, un concept de Gilles Clément, le projet joue sur le caractère éphémère et mobile du conteneur. Le petit édifice semble voué à un court avenir et c’est justement cette impression qui nous pousse comme consommateur à s’y rendre pour y prendre un verre avant qu’il ne soit déménagé, la destiné de tout conteneur.

Deuxièmement, l’agencement particulier des différents modules permet de former un bâtiment en « L » où les architectes ont aménagé une terrasse extérieure protégée des vents dominants venant de la mer du Nord. Par ailleurs, les architectes ont tiré parti de la forme longitudinale du conteneur et l’ont positionné à la verticale afin de créer un élément signalétique puissant.

Finalement, ce projet commercial très modeste est constitué dans sa totalité au presque d’élément recyclé : ancienne barque de bois, cordage…. Tous ces éléments, issus de l’univers marin, inscrivent profondément le projet dans son contexte portuaire. Un petit coup coeur!

 

© Plans + Elevations / Carolien Bijvoet

Inspiration portuaire : le conteneur

J’aimerais simplement mettre en relation ces deux projets profondément inspirés par un objet emblématique des zones portuaires, le conteneur. Situé l’un vis-à-vis de l’autre, de par en d’autre de la rivière IJ, c’est deux projets ont exploré le concept de conteneur selon deux approches totalement différentes

Le projet de MVRDV, s’inscrit par son gabarit et ses relations finement réfléchies dans ce grand paysage portuaire. Le résultat, un immense ensemble résidentiel à la proportion d’un conteneur géant ! L’édifice s’ancre fièrement au bout d’une minuscule péninsule reliée au centre-ville. La composition des matériaux de façade annonce concrètement le brillant jeu d’empilement de différentes typologies résidentielles. C’est cet agencement génial de typologie résidentielle flexible qui a permis à ce projet de s’élever au rang des plus grands projets d’architecture qui meublent aujourd’hui notre planète. Ce savant mélange d’esthétisme résidentiel et industriel rend ce projet tout à fait original. Finalement, pour compenser l’obstruction visuelle causée par la massivité du bâtiment, les architectes ont conçu une chaussée de bois qui transperce l’édifice et surplombe l’eau en formant par le fait même une petite place publique accessible à tous et ouverte sur le grand paysage portuaire. Ici, MVRDV est parvenu à créer une unité architecturale puissante et un travail incroyable au niveau de l’habitat contemporain.

Alors que Silodam inspire force et pérennité, ce projet beaucoup plus modeste propose des sentiments antonymes. En effet, cette composition de conteneur dégage une impression d’éphémérité et de fragilité. Heureusement, le programme, des résidences étudiantes concorde assez bien avec les sentiments ressentis à la visite d’une telle œuvre. Étant donné que les étudiants résidant dans ce projet conçu par Te Kieffe Architecten, ne sont que de passage et que leur statues n’est que temporaire, l’idée de l’offrir un milieu aussi provisoire demeure pertinente. Le même concept fût réutilisé au Havre en France, également dans un contexte portuaire.

Finalement, il est intéressant de comparer deux projets complètement différents dans leur forme et leur échelle tout en partageant la même source d’inspiration, le conteneur et la même problématique : palier au manque cruel de logement à Amsterdam.

Amsterdam / Muziekgebouw – 3XN

Nom / Muziekgebouw

Client / Municipalité d’Amsterdam

Architecte / 3XN

Localisation / Amsterdam – Pays-Bas

Fonctions / Salle de concert, salle de récital, café / resto, 13 400 m2

Matériaux / Structure d’acier et de béton, revêtement d’aluminium e de terra cotta, verre

Commission / 1er prix du concours international en 1997

Construction / 2005

L’emplacement du projet est un site tout naturel pour un projet institutionnel de cette ampleur. Dès 1995, le master plan élaboré par OMA mettait l’emphase sur l’importance de construire un attracteur urbain visible depuis le cœur de la capitale néerlandaise à cet endroit même. Situé à la pointe de la péninsule IJblock, le projet, proposé par 3XN et récipiendaire du premier prix du jury en 1997, remplit pleinement son rôle. En effet, ce site singulier offre une vue complètement dégagée vers le cœur de la ville. Le projet est donc par le fait même visible depuis de celle-ci.

Il s’agit de la première œuvre majeure de cette jeune agence danoise. Le travail fait preuve de beaucoup de sensibilité et de simplicité. La salle de concert enveloppé dans une très belle voile de béton brut est posée librement sous l’immense toiture du complexe. Ce parti architectural permet de dégager la périphérie du bâtiment. Cette stratégie fût réutilisée par Henning Larsen lors de la conception du tout récent Harpa Concert Hall à Reykjavik. Les visiteurs peuvent alors graviter en toute liberté autour de ce monolithe de béton et ainsi profité depuis l’intérieur des vues imprenables tant sur la ville que sur la rivière IJ qui irrigue Amsterdam.

L’intérieur du bâtiment est tout aussi impressionnant. Les foyers, scindés en trois niveaux et accolés à la salle de spectacle, sont juxtaposés et décalés les uns des autres de manière offrir une relation visuelle entre les différents foyers. Voir et être vue ! De plus, chacune de ces strates s’ouvre sur un immense atrium vitré dirigé vers le centre-ville. Cette disposition spatiale offre sur la ville une immense vitrine de l’activité se produisant à l’intérieur du bâtiment. La salle de récital, contenu dans le volume noir suspendu au dessus de l’entrée, s’ouvre quant à elle sur l’importante artère qui ceinture la ville.

Par un prolongement du revêtement de plancher de bois depuis l’intérieur vers l’extérieur, les architectes proposent une superbe extension de l’espace du foyer desservi par un café et un restaurant. Ces deux fonctions de service permettent d’assurer une activité à toute heure de la journée au cœur même du bâtiment. La terrasse extérieure, reliée tant visuellement que physiquement au foyer principal, est fort appréciée des résidents en été qui jouissent d’une vue incroyable sur la linéarité de la rivière tout en étant protégés par la monumentale marquise et surplombe cet espace.

 

 

© Plans + Sections / 3XN

 

Haarlemmermeer / Hydra Pier – Asymptote

Nom / Hydra Pier

Client / Municipality of Haarlemmermeer-Arnold Huijsmans, Rik Bolderhei

Architecte / Asymptote

Localisation / Haarlemmermeer – Pays-Bas

Fonctions / originalement le Pavillon d’eau de l’exposition florale de 2002, aujourd’hui transformé en un restaurant-café

Matériaux / Structure d’acier, revêtement d’aluminium, verre

Coût / 4 M$ euros

Construction / 2002

La forme hydrodynamique et métallique se fond totalement dans ce paysage aquatique. En fait, l’œuvre semble naturellement émerger du lac qui l’accueille.

Cette  première œuvre construite par le bureau new-yorkais, fût conçue dans le cadre de l’Exposition florale de 2002. La forme simple, mais organique relève de plus près une œuvre sensible en relation avec son paysage hydrique. Les architectes décrivent leur projet ainsi :

Hydra-Pier… attempts to appear dematerialized, computer-generated and liquid by virtue of the fact that it is realized formally and tectonically. We drew on ideas pertaining to the virtual that go back as far as seventeenth-century waterworks, spectacles and follies. In the case of the Hydra-Pier, the water running over the roof of the building is not a spectacle of the movement of water but a spectacle of the dematerialization of the building mass…

This notion of dissolution and transformation differs from older ideas of collage or cubist painting and is more akin to simulation, virtualization, or the new digital camouflage skins that read and simulate their surroundings in order to disappear… To be inside the Hydra-Pier, with the liquid above reflected in the shadows on the ground, is to have a visceral experience that cannot be articulated verbally or read in a conventional linguistic or semiotic way

 

Le seuil de cette œuvre est particulièrement intéressant. Une tranché au niveau de la rencontre les deux pentes de toit offre un passage en quinconce où le visiteur est invité à traverser ce seuil constitué de deux murs d’eau. Plus qu’un simple geste formel élégant, les pentes de la toiture recueillent et dirigent l’eau de pluie jusqu’à des écrans de verre sur lequel ruisselle cette dernière. Par sa très grande proximité et par ce mouvement fluide, le visiteur est alors en relation directe avec le précieux liquide. C’est ainsi grâce à ce seuil que les visiteurs sont accueillis avec la matière même qui inspira les architectes.