Hamburg / HafenCity – KCAP architects + planners

 Hamburg / HafenCity – KCAP architects + planners

Nom / HafenCity

Client / Ville d’Hambourg

Architecte / KCAP (1er masterplan en 2000)

Localisation / Hambourg – Allemagne

Fonctions / Quartier mixte 157 hectares (Habitation 5800 logements, Bureaux + Commerces 45  000 emplois, Musée 14 000 m2, Centre des sciences 23 000 m2, Université)

Aire habitable totale : 23 millions m2 (GFA)

Commission / 2000

Construction / jusqu’en 2030

HafenCity est sans aucun doute le plus important développement urbain en construction sur le vieux continent. Avec cette nouvelle réhabilitation de sa zone portuaire, la ville d’Hambourg prétend étendre son centre-ville de 40 % représentant au total plus de 157 hectares. Une fois terminé, le quartier offrira une esplanade près de l’eau longue de 10,5 kilomètres. Un des éléments le plus éloquents de ce plan réside la nature publique de l’ensemble des berges.

Le masterplan, conçu en 2000 par l’agence hollandais KCAP, est tout à fait exemplaire.. L’expérience pratique du bureau a démontré que les instruments traditionnels de planification sont les outils inappropriés pour guider des projets de restructuration à cette échelle. En effet, les masterplan traditionel sont souvent attrapés par les événements, même dans un court  espace de temps. Dès lors, la qualité des projets ne peut simplement plus être  contrôlée. Par conséquent, la décision de l’agence fût d’opter pour une combinaison de  principes de base fixes et des règles de fonctionnement maniables. Un tel processus de  conception a impliqué une compréhension élargie des diverses scénarios possible basé ces  principes directeurs. Cette réflexion devait inclure les différents possibiltés de structures d’urbaines, programmes, densités et bien entendu un pronostics de croissance. Ces réflexions ont fourni une quantité  d’informations pour le développement des concepts spatiales concrèts. Aujourd’hui, HafenCity  est caractérisé par un mélange métropolitain de vie, de culture, de tourisme, de loisirs et  d’affaires.  Le quartier est sur la voie de devenir un secteur urbain au bord de l’eau les plus animé au monde.

En plus d’être basé sur des principles relativement flexible, ce schéma directeur est revue et modifier à chaque 10 ans. Un autre élément important dans la conception d’un projet d’un telle envergure sur un site aussi singulier fut la prise en considération des inondations se produisant tous les 2 ans sur l’Elbe. En ce sens, les designers ont prévu qu’une certaine partie d’HafenCity sera inondée pour quelques heures alors que d’autres demeurèrent au sec. Cette vision est particulièrement rafraîchissante ! Les décideurs et concepteur ont afin accepté d’une certaine manière la supériorité de la nature sur l’être humain. Un immense pas est ainsi franchi depuis cette idéologie de l’après-guerre où l’on était persuader être en mesure de tout contrôler indépendamment de la nature : lumière, fraîcheur, chaleur…

Au niveau urbanistique, le développement de cette zone présente une démarche tout à fait extraordinaire qu’on aurait avantage à s’inspirer. Les terrains, appartenant à la ville, sont vendus progressivement à des entreprises privées. Contrairement à une approche purement capitaliste, les terrains ne sont pas vendus aux plus offrants. Chaque investisseur intéressé par un terrain doit soumettre à la ville un premier dossier comprenant un concept fonctionnel et un prix. La ville, en accord avec sa propre vision du projet et une juste balance du prix offert, décidera, à la lumière des différents dossiers soumis, un investisseur. Une fois cet investisseur choisi, la ville obligera, qu’il soumet, son projet au processus de concours par invitation. À tout moment, la ville se réserve le droit de mettre terme au projet si celui si ne correspond pas au standard de qualité demandé par la ville. Finalement, lorsqu’une firme d’architecture est choisie et que le projet correspond à la fois au besoin du développeur et à la vision de la ville, les instances municipales procéderont à la vente légale du terrain. Dès lors, l’investisseur a 6 mois afin d’entreprendre la construction de son projet sans quoi il perdra son droit de construire ! La démarche semble peut-être plus complexe, mais je me réjouit profondément qu’enfin une ville qui prend son avenir en mains! Pourquoi un ville devrait laisser le soin à des promoteur privés de construire leur ville sans avoir le moindre mots à dire à l’exception du parement utilisé et du gabarit de l’édifice!

Cependant, un déploiement de telle envergure ne se produit pas sans erreur ou critique. En effet, la multiplication des voies piétonnières, places publique et semi-privée, entraîne irrévocablement une dilution importante de l’urbanité du lieu. En semaine, malgré le nombre important de visiteurs, on se sent complètement seul dans ce nouveau quartier pourtant relativement dense. Malgré la qualité des constructions et des différents services offerts, le nouveau quartier n’est pas perçu d’un bon œil par les Hambourgeois. En effet, la plupart d’entre eux considèrent que cette revitalisation urbaine cible seulement la population fortunée de la ville et pour cause, jusqu’à ce jour, un seul bâtiment d’habitation abordable fût construit alors que plusieurs centaines de logements très dispendieux ont trouvé acheteur. Par ailleurs, bon nombre de ces logements sont détenus par de riches étrangers et constituent souvent pour eux un troisième ou quatrième logement. Ils  participent donc très peu à « la vie du quartier » ! Ce problème d’intégration social semble fortement toucher la population d’Hambourg et crée par le fait même mauvaise presse au projet. Étant donné sa situation particulière et l’absence pour l’instant d’un réseau de transport public, le quartier souffre cruellement de connexion avec l’ancienne ville ainsi que de services de proximité.

Personnellement, une question persiste : comment les générations à venir percevront-elles cet immense chantier construit en à peine un quart de siècle. Je me rappelle d’un excellent article paru dans Presse cet été. L’auteur mettait en lumière cet ambitieux plan du maire Drapeau à l’époque où Montréal s’est complètement transformé sous l’impulsion de deux événements majeurs : les Olympiques et l’Expo universelle. À l’époque, un développement orienté vers la voiture semblait représenter la voie de la modernité. Malheureusement, ce plan à laisser depuis d’importantes cicatrices encore visibles et heureusement cette « revitalisation »fût que partiel. Quelle sera cette perception d’HafenCity dans une ou deux générations ? Vos commentaires et réflexions sont les bienvenues!

Masterplan / Dernier schéma urbain lors de la révision en 2010  (concours @ 10 architectes/urbanistes invités)  pour la parti est d’HafenCity

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3 commentaires
  1. Johanne L. a dit:

    Avenir d’HafenCity? Le manque de sociodiversité est en effet très risqué. Il faut doser la pesante tranquilité des quartiers riches. Par petites zones.

  2. Hugo T. a dit:

    Je remarque que plusieurs bâtiment sont construits en porte-à-faux au-dessus d’une voie publique. S’agit-il d’une ligne directrice du master plan?

  3. jfsto a dit:

    Il ne s’agit pas réellement d’une ligne directrice. Cependant la ligne directrice demande un esplanade qui sera éventuellement inondée au 2 ans. Le porte à faux est une réponse des architectes à l’optimisation de la superficie tout en offrant cette zone public.

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